Les témoins matériels du protestantisme

Les temples

Après la Révocation de l'édit de Nantes, aucun temple n'avait échappé à la destruction. Au début du XIXe siècle, la communauté protestante reconstruit ses lieux de culte. Sur le pourtour de la Communauté d'Agglomération du Pays Royannais, à partir de La Tremblade, du Nord vers le sud côté Seudre, on découvre un temple presque dans chaque commune :

 
La Tremblade

La Tremblade

Dédicacé le 24 août 1823. Architecte Burguet de Bordeaux, entrepreneurs Blotteau de Cozes pour la maçonnerie, et Charles de La Rochelle pour la charpente. En pierre de taille de Saint-Savinien et de Crazannes, moellons de Chalons-sur-Seudre. Restaurations en 1848 et 1999. Modèle d'architecture classique des temples au début du XIXe siècle. Toujours affecté au culte (paroisse réformée des îles de Saintonge).

 
Ronce-les-bains

Ronce-les-Bains (commune de La Tremblade)

A la fin de la guerre de 1939-1945, les temples de Royan avaient été détruits. L'église réformée de Lausanne (Suisse) avait offert une chapelle démontable pour servir de lieu de culte à la communauté protestante. Après la construction du nouveau temple, ce bâtiment a été démonté en 1957 et placé à Ronce-les-Bains. Affecté à la paroisse des Îles de Saintonge, il est utilisé essentiellement en saison au bénéfice des vacanciers protestants de toutes nationalités.

 
Arvert

Arvert

C’est à Arvert que la première église réformée de la région fut dressée en 1555. Le temple actuel était projeté en 1834 sur une propriété privée acquise et partagée entre le consistoire réformé et la commune, permettant de constituer un ensemble immobilier homogène. En effet, l'école et la mairie se situaient de part et d'autre de la place du temple. Les travaux commencent en 1836. On remarquera que le portail s'ouvre sur le côté de l'édifice et non face à la chaire. A l'origine, comme dans la plupart des temples anciens, la chaire était placée face à l'entrée, ce qui plaçait le prédicateur au milieu des fidèles. Une tribune est ajoutée en 1848. Il est toujours affecté au culte (paroisse réformée des îles de Saintonge). Une mairie moderne a été construite de l'autre côté de la rue, face à la place. Le bâtiment de l'ancienne mairie est aujourd'hui affecté à la Bibliothèque.

 
Etaules

Étaules

La construction de l'actuel temple n'a pas été aisée ! Demandée par une pétition en 1853 alors que la population de 1000 habitants comprenait 450 protestants, elle se heurta à des aléas techniques et à des changements de majorité au Conseil municipal. La préfecture n'autorise pas la construction si la commune ne vote pas des subsides pour réparer l'église catholique. Enfin la construction est terminée en 1865. Mais, le terrain offert par Noé Gatineau et Jean-Jacques Gabiou est insuffisamment stable ; des désordres sont constatés en 1882 et réparés en 1885. Restaurations en 1905, 1945 (le toit et le « campanier » avaient été démolis par un bombardement) et en 1999. L'architecture, classique pour l'époque, est due à l'architecte Jossier de Bordeaux avec la collaboration d'Arnaud agent voyer. Toujours affecté au culte (paroisse réformée des îles de Saintonge)

 
Chaillevette

Chaillevette

Le grand temple (dit à 5 travées) de la Brousse à Chaillevette a été construit à la suite de la fermeture de l'ancien temple de Paterre, trop délabré pour être restauré. Après plusieurs études refusées par l'administration, on fait appel à l'architecte bordelais Jossier déjà auteur du temple d'Étaules assisté par Marion, architecte à Royan. Inauguré en 1860. Il présente l'une des façades les plus ouvragées du secteur.

 
 
Mornac-sur-Seudre

Mornac-sur-Seudre

La construction du temple actuellement ouvert au culte date de 1837. Agrandi en 1863-1864 sur plan de Daniel Marion agent voyer à Royan. Le fond du temple est traité en abside. La construction est complétée par une sacristie. Entre 1622 et 1837 deux temples et une grange (maison de prière) avaient été édifiés et détruits pendant les persécutions.

 
Breuillet

Breuillet

Une des premières maisons d'oraison créée par Gibert est incendiée par le Grand Prévôt M. de Thephaville en 1755 ; une seconde est construite, mais elle est fermée sur ordre du Procureur du Roi en 1776. Le temple actuel date de 1847. Il contraste avec l'architecture très dépouillée des premiers édifices du début du XIXe siècle par une façade néo-classique avec deux pilastres ioniques et un fronton triangulaire. Une sculpture représentant une bible ouverte a été scellée sur la façade ; c’est un élément rapporté, provenant d'un autre temple édifié au village du Billeau entre 1855 et 1858. La sacristie a été rajoutée en 1852.

 
L'Eguille

L'Éguille-sur-Seudre

Ce temple, dont la façade donne directement sur la rue, date du tout début du XIXe siècle. Construit de 1819 à 1820, il est inauguré en 1821. En 1845 il est surhaussé de 2m30 et doté d'un fronton triangulaire avec une bible ouverte sculptée. L'inscription au-dessus de la porte décorait le bâtiment primitif : Temple de Dieu fait en 1819 à l'usage du culte réformé. Restauré en 2001.

 
St-Sulpice

Saint-Sulpice-de-Royan

Un temple avait été édifié en 1818 par une importante communauté protestante. La construction d'un nouveau bâtiment est engagée en 1851 sur un terrain de 7 ares acheté par la commune. La conception du bâtiment est confiée à l'architecte Jossier de Paris (auteur des temples de Chaillevette et Étaules ; dans ces deux cas il est qualifié de Bordelais et non Parisien) ; les travaux sont suivis sur place par l'architecte d'arrondissement Bourgeat, qui signe le certificat de réception des travaux qui ont été adjugés à Geay, Bourdin et Deville. Original par sa forme octogonale qui renvoie au principe des églises de plan centré du début du christianisme. Remarquer le tympan au-dessus de l'entrée, et le clocheton d'un modèle répandu dans le Pays Royannais. Restauré en 1904. Inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

 
Saujon

Saujon

Ce temple a été édifié entre 1839 et 1842 sur un terrain de 5 a 46 donné par Monsieur Chaille-Desmauvines avec l'agrément royal du 20 mai 1839 signé Louis Philippe. Après des difficultés en raison des prix, le marché est attribué en août 1839 à Gilbert pour 5 300 francs. Le temple est inauguré en grande pompe les 28 et 29 mars 1841. En mai 1842, une demande de secours (subvention) de 600 francs est transmis au ministère des cultes par le Préfet avec avis défavorable...

 
 
Médis

Médis

Conçu par l'architecte Marion en 1857, il est inauguré en 1861. La façade comporte deux piliers de style corinthien avec une bible ouverte au-dessus de l'entrée.

 
Cozes

Cozes

On connaît l'existence de deux temples détruits à l'époque des persécutions, le premier ayant été construit en 1560. Le bâtiment actuel est donc le troisième et date de 1820.Exemple du modèle classique des temples de Saintonge maritime, il est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. On peut y voir un remarquable pupitre de chantre du XIXe siècle.

 

Pupitre de chantre du XIXe siècle

Cozes-Pupitre
 
Meschers

Meschers-sur-Gironde

On connaît l'existence d'un temple en 1755, détruit lors des persécutions. Au milieu du XIXe siècle la communauté construit une école et un presbytère et, en 1842, un temple élevé sur une petite terrasse à laquelle on accède par un escalier. On y ajoute une tribune en 1863 pour faire face à l'augmentation du nombre des fidèles. Le mur de clôture n'a pas été conservé.

 
St Georges-de-Didonne

Saint-Georges-de-Didonne

Le temple actuel date de 1951. Oeuvre de l'architecte Paul Dremilly. Architecture moderne avec une voûte en ellipse, l'ensemble évoquant une pomme de pin. A proximité de l'entrée un buste du Pasteur Jarousseau dont on peut voir la tombe à Semussac (Voir ci-après).

 
Mortagne-sur-Gironde

Mortagne-sur-Gironde

Le temple de Mortagne n'est plus dédié au culte. Elevé en 1836, il présente une façade néo-classique.

 
 
Royan

Royan

Les deux temples du centre ville, édifiés en 1844, ont disparu suite aux bombardements de la ville en 1945 (voir Ronce-les-Bains). Le temple actuel, inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, a été édifié en 1956 par l'architecte Marc Hébrard, assisté de René Baraton. L'espace réservé au culte est complété par des salles de réunions et d'activités. Sur le site est édifié le presbytère du pasteur. Jouxtant le temple, grand cimetière protestant datant de 1773 appartenant toujours à la communauté protestante.

 
Courlay

Courlay (commune de Saint-Palais-sur-Mer)

Le temple élevé illégalement en 1752 devenu vétuste, une nouvelle construction est engagée en 1823. L'exigence de la communauté protestante, présidée alors par le Pasteur Dyvorne, s'opposant à tous les détails décoratifs, retarde la construction qui se termine partiellement en 1826 (ni dallage, ni plafond, ni sacristie...). Les travaux du plafond sont terminés en 1841, ceux du dallage en 1843. On ajoute une tribune qui est achevée en 1858. L'hémicycle est ajouté en 1867 pour améliorer l'acoustique : le résultat est très satisfaisant. On peut remarquer les belles proportions de la façade à six pilastres et un fronton triangulaire.

 
Vaux-sur-Mer

Vaux-sur-Mer

Entamé en 1841, ce temple rectangulaire éclairé par des baies en plein cintre est terminé en 1847. Il présente une des premières façades néo-classiques du Pays Royannais.

 
St-Augustin

Saint-Augustin

La construction du temple actuel, sur l’emplacement d'un ancien cimetière communal protestant, est décidée en 1857. Mais la communauté catholique demande la construction d’un presbytère pour loger le curé de l’église nouvellement donnée par une paroissienne. Compte tenu de la situation des finances communales, le financement est alors rendu plus aléatoire. Au gré des changements de gouvernement et selon la religion des conseillers municipaux, l'ordre de priorité évolue... En 1860 on décide de créer une imposition extraordinaire de 8 750.72 francs pour financer le temple, des conseillers refusant de voter les crédits pour le presbytère tant que le temple n'est pas financé. Enfin le temple est édifié entre 1862 (date d'un emprunt) et 1865 (date d'une demande de subvention du Pasteur Roller pour meubler « le temple neuf »)... Il est doté d'une chaire originale en pierre de taille.

 
Les Mathes

Les Mathes

Selon la tradition, après la révocation de l'édit de Nantes, les cultes clandestins se tenaient dans les bois du Grand Logis, à l'intérieur d'une sorte de camp retranché entouré de fossés. C'est vers 1882, la population protestante comptant plus de 100 personnes, que le temple protestant fut édifié. Le bâtiment n'est plus dédié au culte ; cédé à la commune en 1959, Il est actuellement affecté à La Poste. On peut encore voir gravé dans la pierre une partie d'un verset de l'évangile de Jean : « la vérité vous affranchira ».