Cimetières familiaux

Cimetière Lys à Breuillet

CIMLYS9C

Au détour d’un chemin, lors d’une balade dans la presqu’île d’Arvert, vous trouverez peut-être les vestiges d’un mur envahi par la végétation ou de larges pierres soigneusement alignées et recouvertes de mousse. Soyez assez curieux pour vous y arrêter quelques instants et vous aurez l’occasion de découvrir une partie de l’histoire de notre région. Notre campagne abrite çà et là des cimetières privés, témoins des guerres de Religion et de leurs conséquences. Suite à l’édit de Nantes, les protestants ont le droit d’avoir des cimetières publics dans chaque lieu où leur culte était célébré. Mais, à la Révocation, ces cimetières, tout comme les temples, sont rasés. Le clergé refuse aux réformés de se faire inhumer en « terre sainte et bénie » et ils doivent se faire ensevelir dans des terrains privés. A la Révolution, selon l’article 15 de la loi du 23 prairial an XII, il est décidé que :

chaque culte doit avoir un lieu d’inhumation particulier et, dans les cas où il n’y aurait qu’un seul cimetière, on le partagera par des murs, haies ou fossés, en autant de parties qu’il y a de cultes différents, avec une entrée particulière pour chacune...

Les protestants avaient donc accès aux cimetières communaux mais certaines familles gardèrent l’habitude de se faire enterrer sur leurs terres. On peut voir un exemple sur la commune de Breuillet.

 

Tombe du Pasteur Jarousseau à Semussac

Le pasteur Jarousseau (1730-1819), grande figure du protestantisme local, se marie le 4 janvier 1767 à Anne Lavocat et s’installe à Chenaumoine, dans une modeste maison que l'on peut voir encore aujourd'hui. Protégé par le Maréchal de Sennecterre, lorsque les ordres du Roi d’arrêter le pasteur parvenait à ce dernier, il envoyait un détachement de la Maréchaussée et la visite se faisait « au son du tambour », ce qui permettait à Jarousseau de se retirer dans une cachette aménagée dans sa maison. Pendant la Révolution Jarousseau, oubliant les offenses, aidera la fuite de ses anciens ennemis : le curé de Saint-Georges et le moine récollet Labole.

Jarousseau
 

Gisant de Saint-Augustin

On peut voir un gisant datant de 1872 réalisé en marbre blanc par Malterre, sculpteur à Saujon. Ce monument couvre la tombe de Justin Élie Leclerc, tué à 20 ans pendant la guerre de 1870-71. Il avait été enterré dans la propriété familiale. Le terrain appartient actuellement à la commune.

Gisant