L'urbanisme balnéaire

La vogue des bains de mer, à partir de la fin du XIXe siècle, se développe sur tout le littoral charentais offrant au promeneur attentif un univers onirique et sophistiqué. Les bords de mer se lotissent d'abord autour des bourgs anciens. Trois grands principes ont été mis en oeuvre :

1. La constitution d'un front de mer bâti d'hôtels, d'établissements de bains et de loisirs se généralise en s'adaptant aux ambitions de la ville.

 
Affiche touristique de Royan

Royan, les plages du beau temps, affiche touristique, collection particulière.

 

2. Le modèle du parc ou du jardin anglais dont le quartier du Parc à Royan est le meilleur témoignage : dans les dunes plantées de pins maritimes, de grandes parcelles organisées par des rues au tracé souple et des chemins sinueux, sont destinées à l'accueil de grandes villas.

 
 

3. Les lotissements au bord du rivage, d'apparition plus tardive, ferment l'espace littoral mais ouvrent de grandes pénétrantes vers l'océan.

 

Les quartiers balnéaires, malgré leur diversité, constituent encore aujourd'hui un monde très végétal opposé aux rigueurs des îlots urbains où les rues serpentent comme des chemins et où la maison s'affuble outrageusement de toutes ses richesses et s'autorise de petites ou de grandes folies architecturales.

Recommandations

  • Protéger les reliques des boisements du XIXe.
  • Établir un cadastre «vert» dans les secteurs concernés.
  • Ne pas durcir les jardins par des revêtements imperméables, ni sur rue ni sur les limites latérales.
  • Conserver le principe de clôtures transparentes : muret en soubassement et grille.
  • Gérer l'évolution des végétaux par des prescriptions collectives. Éviter la diversité exotique des plantations nouvelles issue de choix individuels juxtaposés.

Plus tardivement, des villages de vacances affectés au tourisme du plus grand nombre vont apparaître sous forme de petites villes nouvelles balnéaires. Ces opérations, développées dans les années 1970-1980 à l'occasion du schéma directeur de la presqu'île d'Arvert, s'inspirent des projets élaborés par la M.I.A.C.A.. Elles proposent une image et une organisation très innovantes, notamment quant à la gestion des parkings, la densité assez forte mais avec jardins individuels en patio, le caractère naturel affirmé dans le traitement des rues et des voies.

Dessin d'un village vacances

Le tourisme trouve aussi dans le camping aménagé une réponse adaptée aux vacances familiales à moindre coût. Pratiqué sur le modèle de la résidence secondaire, cet appel touristique de la côte et de son arrière-pays conduit à un développement systématique et mécanique, au phénomène de sédentarisation et de durcissement de «l'habitacle».

 

Recommandations pour les nouveaux quartiers

  • Diminuer l'impact des voies et leur caractère minéral et sec par des trames arborées de première grandeur.
  • Donner un caractère naturel et une organisation aléatoire aux structures végétales. Favoriser les regroupements en bosquets.
  • Initier le pré-verdissement dans les futures zones à construire.
  • Maintenir les limites latérales inconstructibles avec un traitement naturel des sols.